L’UA alerte sur la présence trouble des bases armées et sociétés militaires privées étrangères en Afrique

BRUXELLES, 27 août (AZNAPRESS) — Entre violation des droits de l’homme, exploitation prédatrice des ressources naturelles, coups d’Etat et complication de la planification des opérations de soutien à la paix, la présence de bases armées et de sociétés militaires privées étrangères en Afrique accentue l’insécurité et l’instabilité sociopolitique en Afrique, alerte l’Union africaine (UA) dans un rapport.
En Afrique, plus de six décennies après les indépendances, la montée de l’insécurité et de l’extrémisme violent préoccupent dans de nombreux pays, à cause des conflits armés et des tensions politiques internes
Dans le but de juguler ces menaces, certains de ces pays en crise, pauvres et dotés d’armées nationales aux capacités opérationnelles faibles, ont jugé utile de recourir aux services de sociétés militaires privées, à l’instar du groupe russe Wagner en République centrafricaine (RCA), au Mali, au Burkina Faso, au Soudan, en Libye, en Angola, en République démocratique du Congo (RDC), en Somalie, à Madagascar et au Mozambique.
Mais Wagner n’est pas la seule firme étrangère du genre. De nombreuses autres sont recensées, d’origine française (Secopex), américaine (Blackwater, Erickson Inc., Berry Aviation Inc.), britannique (Aegis Defence Services Ltd., Paramount Security Solutions), émiratie (Burnham Global), ukrainienne (Omega Consulting Group), sud-africaine (Executive Outcome, Dyck Advisory Group), chinoise (Haiwei, Huaxinzhongan, Kualun Lion Security, Frontier Services Group), etc.
Dans certains cas, le bienfondé de ces entreprises est justifié par des résultats appréciables dans l’amélioration de la sécurité dans les pays d’accueil, alors que dans d’autres la présence de sociétés militaires privées (SMP) suscite des inquiétudes, comme le mentionne le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine (UA) dans un rapport dévoilé à Addis-Abeba mercredi.
« Les SMP opèrent sur plusieurs théâtres africains, souvent dans le cadre de mandats et sous un contrôlé limité. Dans un certain nombre de contextes, leur présence est corrélée à de graves violations des droits de l’homme, à l’exploitation prédatrice des ressources et à des changements dans les équilibres de pouvoir locaux qui sapent la souveraineté et le contrat social », souligne le document dont AZNAPRESS a obtenu copie.
Dans leurs luttes d’influence géopolitique visant surtout l’accès aux immenses ressources du sol et du sous-sol africain, en particulier les minerais stratégiques qui représentent l’une des causes de la montée des tensions commerciales entre les Etats-Unis et le Chine aujourd’hui, les puissances mondiales se ruent aussi en Afrique avec des bases de leurs armées nationales.
Selon le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine, « une telle présence peut également accroître la probabilité d’ingérence extérieure dans les affaires intérieures des pays hôtes », en plus que ces entités risquent de renforcer la dépendance, de limiter la souveraineté décisionnelle de ces pays et de compliquer la coopération régionale en matière de paix et de sécurité. (FIN/2025)