Au Cameroun, le mobile money progresse et atteint plus de la moitié de la population active

YAOUNDE, 5 septembre (AZNAPRESS) — Tirée par le mobile money, l’inclusion financière progresse au Cameroun avec plus de la moitié de la population active reliée au paiement marchand numérique, permettant au pays de figurer parmi les références en la matière en Afrique, révèle une étude de la Banque mondiale.
En 2024, 20% des adultes au Cameroun ont effectué un paiement marchand numérique, soit le double par rapport à 2021, indique le rapport Global Findex 2025. « Cette croissance est portée par la montée en puissance du mobile money, plus accessible que les comptes bancaires classiques », guident les données de l’enquête communiquées à AZNAPRESS jeudi.
Grâce à cette progression, le Cameroun se classe parmi les 19 pays africains où la majorité des comptes sont exclusivement mobile money, service de transferts d’argent électroniques issu de la téléphonie mobile.
61% des adultes au Cameroun ont un compte
« Aujourd’hui, 61% des adultes [camerounais, NDLR] ont un compte (auprès d’une institution financière ou d’un prestataire de mobile money), contre seulement 15% en 2011. Parmi eux, 55% détiennent un compte mobile money, contre seulement 21% qui ont un compte bancaire », détaille en outre l’étude.
Dans la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC, composée en outre du Congo, du Gabon, de la Guinée équatoriale, de la République centrafricaine et du Tchad), le Cameroun confirme son statut de poids lourd.
« Plusieurs pays de la CEMAC (par exemple le Tchad, la Centrafrique, la Guinée équatoriale) enregistrent encore des taux très bas, faute d’infrastructures et d’acceptation par les commerçants », explique-t-on à la Banque mondiale.
Le Gabon est mentionné dans le rapport pour sa forte exposition au mobile et aux usages numériques, mais reste en retrait en matière de paiements marchands digitaux, observe celui-ci.
Avec sa performance, le Cameroun se situe dans la moyenne d’Afrique subsaharienne, également de 20% sur les paiements marchands numériques, contre 13% en 2021. Au même niveau que la Zambie, il est largement devancé par le Kenya, premier au classement avec 56%, suivi du Sénégal et ses 37%, puis du Nigeria et du Ghana à 28% chacun.
Pour la Banque mondiale, cette dynamique de croissance est réelle, mais reste inférieure à d’autres régions, dont l’Asie de l’Est et le Pacifique, crédités de 67%, notamment grâce à la Chine avec ses 80%. L’Europe et l’Asie centrale sont à 51%.
Faible pénétration chez les couches vulnérables
« De manière plus large, certains pays d’Afrique australe et sahélienne n’atteignent que quelques pourcents. Le FINDEX souligne que, dans plusieurs économies, moins d’un adulte sur 10 utilise les paiements digitaux », renseigne la note d’information parvenue à AZNAPRESS.
Sans surprise, une faible pénétration de ses services reste est observée chez les couches vulnérables. En l’occurrence, les femmes, les pauvres et les ruraux utilisent beaucoup moins les paiements digitaux, évidemment à cause d’un accès limité aux smartphones, auquel s’ajoutent le coût des transactions, une méfiance envers les institutions et une faible acceptation par les commerçants locaux.
Mais, l’essor du mobile money permet progressivement d’atteindre ces groupes, estime la Banque mondiale, poursuivant que « le potentiel de rattrapage reste élevé : la dynamique observée au Cameroun et dans d’autres pays montre que l’adoption progresse rapidement dès que l’infrastructure suit ».
Global Findex est une source de données de référence publiée par cette institution financière internationale sur l’inclusion financière dans le monde depuis 2011. Elle fournit notamment des données mises à jour tous les trois ans sur l’accès et l’utilisation des services financiers par les adultes, y compris les comptes bancaires, l’épargne, les paiements numériques et la résilience financière. (FIN/2025)