YAOUNDE, 23 janvier (AZNAPRESS) — Le recours aux emprunts extérieurs s’est imposé ces dernières années comme une des sources majeures de financement de l’économie au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) alors que le rapatriement de ces ressources fait défaut et plongent les instances monétaires de la région dans le désarroi.
Depuis l’important emprunt obligataire d’un montant de 200 milliards de francs CFA opéré en 2010 par le Cameroun, poids lourd de la CEMAC, le marché financier de cette zone est en ébullition. La plupart des autres cinq pays (Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et Tchad) qui forment cette organisation ont emboîté le pas.
En marge d’un sommet extraordinaire de l’organisation tenu jeudi 22 janvier à Brazzaville au Congo sur la situation macroéconomique régionale jugée alarmante avec un risque de dévaluation du franc CFA, la monnaie communautaire adossée par une parité fixe à l’euro, ses instances monétaires ont exprimé leur désarroi face au non-rapatriement des emprunts extérieurs surtout contractés à l’étranger par les Etats.
Pour l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC), organe de supervision de la politique monétaire qui regroupe les ministres des Finances des six pays de la CEMAC, et la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC, basée à Yaoundé au Cameroun), cette situation est d’autant paradoxale que les remboursements de la dette ainsi contractée en monnaies étrangères, principalement le dollar américain (US) et l’euro, se font à partir des devises locales, c’est-à-dire le franc CFA.
Les rapports de ces instances citent notamment la situation décrite, ajoutée au faible niveau de rapatriement des recettes d’exportations et au non-rapatriement d’autres avoirs extérieurs des résidents de la zone dont les Etats eux-mêmes, des entreprises publiques et privées ainsi que des particuliers, comme une des causes de la chute des réserves de change et de l’accumulation de la dette publique des pays membres de la CEMAC.
Selon les estimations officielles, le stock de la dette extérieure de l’ensemble de ces pays s’élève à 27,9% du PIB (produit intérieur brut) en 2025.
Un montant de l’ordre de 1.335,7 milliards de francs CFA est déclaré en ce qui concerne la chute des réserves de change entre mars et novembre de l’année écoulée, représentant un mois environ d’importations des biens et services. (FIN/2026)