Des « signes d’espoir » pour la sauvegarde de la biodiversité dans le Bassin du Congo

YAOUNDE, 15 octobre (Aznapress) — Des efforts encourageants sont enregistrés dans la sauvegarde des écosystèmes et des populations animales dans le Bassin du Congo, rapporte le Fonds mondial pour la nature dans une étude qui s’alarme du déclin de la biodiversité dans le monde, accentué par les lenteurs dans l’exécution des engagements pris par les Etats pour limiter la dégradation de celle-ci.
Dans son rapport « Planète vivante 2024 », le Worldwide Fund for Nature (WWF) ou Fonds mondial pour la nature en français établit une évaluation sur cinquante ans de l’état de la biodiversité dans le monde et la vie de la planète, entre 1970 et 2020, d’où il ressort que « la taille moyenne des populations d’animaux sauvages suivies a diminué de 73% ».
Selon le constat porté sur le suivi de près de 35.000 populations de 5.995 espèces de mammifères, oiseaux, poissons, reptiles et amphibiens, les espèces d’eau douce affichent le plus fort taux de déclin, avec une baisse de 85%, suivies des populations d’espèces terrestres (69%) et marines (56%).
Le rapport intitulé « un système en déclin » publié le 10 octobre et dont Aznapress a obtenu copie classe l’Afrique deuxième région la plus affectée avec 76% de déclin, derrière l’Amérique latine et les Caraïbes qui se situent à 95%, selon l’Indice Planète Vivante (IPV) présenté dans le document et connu comme outil de compilation de référence des données utilisé par WWF.

Pour Martin Kabaluapa, le directeur régional de l’organisation indépendante, dans un entretien avec Aznapress, « le rapport montre que la population faunique est toujours menacée dans le Bassin du Congo malgré les efforts déployés par les gouvernements, les communautés et les groupes de conservation. Le déclin des populations animales peut entraîner d’importants déséquilibres dans les écosystèmes du Bassin du Congo ».
Le Bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt pluviale du monde, après l’Amazonie en Amérique latine. Il s’étend sur six pays (Cameroun, Congo, Gabon, Guinée équatoriale, République centrafricaine et République démocratique du Congo) et couvre une superficie totale de plus de 3,7 millions de kilomètres carrés. C’est aussi le plus grand puits de carbone du monde.
De l’avis de Kabaluapa, la plupart des pays de la région sont dits à haute couverture forestière et faible déforestation (HFLD), en d’autres termes les taux de déforestation y sont relativement bas. « Dans le cadre des systèmes de financement actuels, cela signifie que ces pays ne sont éligibles qu’à de faibles compensations financières. »
Un investissement dans ces pays est cependant nécessaire pour prévenir la déforestation, et c’est seulement à ce moment-là que des fonds seront disponibles, observe-t-il, précisant que « dans d’autres régions du monde, des fonds sont utilisés pour prévenir la déforestation attendue ».
Le rapport « Planète vivante » est une étude sur les tendances mondiales de la biodiversité et de la santé de la planète. Il est publié tous les deux ans. L’édition 2024 en est le quinzième. Son Indice Planète vivante (IPV) sur lequel il s’appuie se veut un signal d’alerte précoce du risque d’extinction de cette biodiversité et ses populations animales. (Fin)