Drépanocytose : mal connue au Cameroun, le combat d’un spécialiste pour l’éveil des consciences

YAOUNDE, 29 août (AZNAPRESS) — Donner du sourire : pédiatre s’inspirant de son expérience à l’hôpital de jour mère et enfant de la Fondation Chantal Biya, la première dame du Cameroun, le Dr. Orphé Hott a fait de l’éducation et de la prise en charge des personnes atteintes de drépanocytose, maladie presque négligée dans ce pays, son combat pour améliorer la santé dans ce domaine.
« Le trait drépanocytaire S est porté par au moins 20% de la population au Cameroun. A peu près 10% des personnes sont SS. Il est d’ailleurs important de noter que ce sont des chiffres approximatifs », a éclairé le Dr. Orphé Hott lors d’un entretien avec AZNAPRESS dans son centre de santé qui porte son nom à Nsam, un quartier de Yaoundé.
Mal connue, la drépanocytose retient peu l’attention au Cameroun et très peu de personnes se consentent à se soumettre au test de dépistage qui se résume par l’électrophorèse. Certaines croyances culturelles (religieuses et traditionnelles) vont jusqu’à l’assimiler à la sorcellerie, à la malédiction et aux pratiques ésotériques, renforçant le halo d’ignorance qui entoure la maladie.

Dr. Hott : « La drépanocytose fait partie des maladies pratiquement abandonnées [au Cameroun]. Les charlatans qui pullulent ont pignon sur rue sur nous. Il y en a qui profitent de la misère des autres pour se faire de l’argent », confirme le praticien de médecine.
Traitements à des coûts réduits
Dans son centre de santé principalement dédié aux soins pédiatriques, le Dr. Hott a choisi d’accorder la priorité à la prise en charge des enfants atteints de cette pathologie, en leur offrant des traitements à des coûts réduits, soit par exemple 10.000 francs CFA de frais de consultations sur une année entière et payables en plusieurs tranches.
Grâce à la mise sur pied d’une mutuelle d’assistance, un mode de paiement allégé est aussi assuré pour l’accès à la panoplie de vaccins liés à cette maladie et dont les coûts sont généralement hors de portée pour les couches sociales modestes.
A ce jour, le nombre de ces enfants malades reconnus dans les registres de la formation sanitaire s’élève à 200 environ, provenant pour certains de Yaoundé et pour d’autres, d’autres régions du Cameroun comme le Nord, et pour d’autres encore, de l’étranger dont la Guinée équatoriale, le Gabon, le Congo, le Tchad, la France, les Etats-Unis, la Turquie, renseigne le responsable sanitaire.
Il a saisi le prétexte de la remise d’un don de fournitures scolaires d’une jeune entrepreneure camerounaise, Emilienne Toche, au profit d’une partie de ces patients dans son centre de santé mercredi dernier pour organiser une nouvelle causerie éducative ponctuée par un appel à intensifier le plaidoyer visant à amplifier la voix en vue d’un éveil des consciences soutenu.
Faire du bruit
« Les gens ne seront pas au courant si nous ne les intéressons pas. Donc, parlons-en à nos voisins. Pratiquement chaque famille au Cameroun a un cas de drépanocytose. Pour l’éradiquer, commençons à faire notre électrophorèse. Faisons du bruit pour éviter de nous laisser envahir par les vendeurs d’illusions. Faisons du bruit pour que les gens s’intéressent à cette maladie », a-t-il plaidé.
Pour mieux soulager les souffrances de ses patients, enfants et adultes, le centre de santé Hott offre des services de soins variés, comprenant la néonatologie où deux nourrissons prématurés sont suivis en ce moment, la vaccination, la médecine générale, la chirurgie dentaire, la cardiologie, l’ophtalmologie, etc. Un psychologue est mobilisé.
« Nous avons l’ambition de développer une activité de cardiologie pédiatrique. Pour cela, nous cherchons à disposer d’une échographie sur place », annonce le promoteur. (FIN/2025)