Elections en Centrafrique, au Cameroun, en Côte d’Ivoire : risques élevés de cyberattaques selon l’UA

BRUXELLES, 28 août (AZNAPRESS) — Les électeurs de la République centrafricaine (RCA), du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et d’autres pays en Afrique sont appelés aux urnes cette année pour élire leurs futurs dirigeants, des scrutins confrontés au défi de « risques élevés » de cyberattaques contre des cibles stratégiques pour provoquer des crises, juge l’Union africaine (UA).
L’Union africaine (UA) dénombre au moins quinze élections prévues en Afrique en 2025, au rang desquelles des scrutins présidentiels en République centrafricaine (RCA), au Cameroun, en Côte d’Ivoire, aux Seychelles, en Tanzanie, au Malawi, en Guinée-Conakry, Guinée-Bissau, puis des élections législatives aux Comores, au Burundi, en Guinée équatoriale, en Egypte et en Tunisie.
Ces rendez-vous électoraux sont exposées « à des risques élevés liés à la cybersécurité et aux opérations d’information », alerte-t-elle dans un rapport présenté lors d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation tenue mercredi à Addis-Abeba.
« Les acteurs des menaces sont les réseaux extrémistes, les groupes nationaux à motivation politique et étatique », y compris « la reconnaissance des infrastructures », indique le rapport rédigé par le Centre de lutte contre le terrorisme de l’UA dont AZNAPRESS a obtenu copie.
Ces menaces, selon l’organisation panafricaine, se résument à des « opérations d’influence en ligne coordonnées qui exploitent les deepfakes générés par l’IA [intelligence artificielle, NDLR], l’audio synthétique, les réseaux de bots et la propagande microciblée ».
Parmi les cibles désignées, figurent les registres électoraux, les serveurs de dépouillement des votes, les sites internet des organismes de gestion des élections et des gouvernements, des banques, des structures du secteur de l’énergie et des télécommunications.
De l’avis du Centre de lutte contre le terrorisme de l’UA basé dans la capitale éthiopienne, siège de l’organisation continentale, l’effet combiné de ces menaces est d’éroder la confiance du public, de polariser les communautés, d’inciter à la violence et de compliquer la prise de décisions en cas de crise.
La montée des tensions est déjà palpable dans la plupart de ces pays à l’instar du Cameroun et de la Côte d’Ivoire, avec l’expansion des deepfakes ou fausses informations à l’aide de l’intelligence artificielle, que les gouvernements locaux respectifs se sont cependant préparés à contrer par la mise en place de dispositifs institutionnels et techniques appropriés.
L’UA et ses organismes dédiés dont notamment son Centre de lutte contre le terrorisme proposent leur assistance technique aux pays concernés pour mieux les protéger contre ces fléaux entretenus par des réseaux criminels soutenus par de puissances étrangères qui œuvrent à déstabiliser le continent et à le fragiliser pour le pillage de ses ressources du sol et du sous-sol, en particulier les minerais stratégiques qui alimentent aujourd’hui des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. (FIN/2025)