Piraterie maritime : hausse de 20% des attaques dans le golfe de Guinée

BRUXELLES, 28 août (AZNAPRESS) — Un accroissement de 20% des attaques de piraterie maritime a été enregistré au début de 2025 comparé à la même période un an auparavant dans le golfe de Guinée, réputée zone mondiale particulièrement touchée par ce fléau ainsi que le trafic illicite, rapporte l’Union africaine (UA) dans une étude sur les risques et les menaces sécuritaires en Afrique.
Riche en hydrocarbures (pétrole et gaz naturel) et ressources halieutiques, le golfe de Guinée sur la façade maritime ouest-africaine attise les convoitises des puissances mondiales en quête de matières premières pour leurs industries. Déclaré notamment « zone d’intérêt vital pour les Etats-Unis » par le Sénat américain, il attire des réseaux criminels et extrémistes.
Selon le rapport intitulé « Perspectives continentales en matière d’alerte précoce et de sécurité : cartographie des risques et des menaces en Afrique en 2025 » du Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine dévoilé mercredi à Addis-Abeba en Ethiopie, ces réseaux exploitent de plus en plus les couloirs côtiers pour taxer et tirer parti des ports secondaires/informels.
Les attaques de navires pétroliers et marchands, le soutage illicite de pétrole, le trafic d’armes et de drogues ainsi que la traite des êtres humains constituent les principales activités de ces acteurs de la criminalité maritime et transnationale organisée.
Des enquêtes indépendantes internationale confirment cette tendance à la hausse du phénomène qui affecte les économies des pays de la région, qui englobe le Sénégal, la Guinée, la Sierra Leone, le Liberia, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Togo, le Bénin, le Nigeria, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, Sao Tomé-et-Principe, la République démocratique du Congo et l’Angola.
Par exemple, Maritime Information Cooperation & Awareness (MICA) Center, un centre d’expertise français, dénombre pour les trois premiers mois de 2025 : 17 attaques de navires vraquiers, 13 attaques de pétroliers, 6 attaques de porte-conteneurs et 9 attaques d’autres types de navires. En novembre 2024, 36 membres d’équipages avaient été kidnappés dans la région, précise-t-il en outre.
La région est aussi connue pour être une plaque tournante du trafic de drogues. Selon le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine, plus de quatre tonnes de cocaïne y ont été saisies par des services douaniers et sécuritaires nationaux en 2024. L’organisme propose une coopération renforcée entre les Etats pour protéger les côtes et les couloirs commerciaux. (FIN/2025)