Terrorisme : plus de 23.000 morts et 5.900 attaques en Afrique, épicentre mondial, selon l’UA

BRUXELLES, 28 août (AZNAPRESS) — Environ 5.900 attaques terroristes ont été enregistrées en Afrique en 2024 causant plus de 23.000 morts, des chiffres qui confirment la position du continent comme épicentre du terrorisme dans le monde, révèle un rapport du Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine (UA).
Selon le rapport intitulé « Perspectives continentales en matière d’alerte précoce et de sécurité : cartographie des risques et des menaces en Afrique en 2025 », fondé sur le Système continental d’alerte précoce, le continent noir a maintenu son statut d’épicentre mondial du terrorisme en 2024, totalisant plus de 70% des actes commis et environ les deux tiers des décès enregistrés dans le monde.
Les chiffres font état d’environ 5.900 attaques et plus de 23.000 morts répertoriés sur la base de l’Indice mondial du terrorisme établi par les Nations Unies.
Ces violences ont aussi causé plus de 43 millions de réfugiés et déplacés internes, précise en outre le rapport présenté lors d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) tenue mercredi à Addis-Abeba, siège de l’organisation panafricaine et de son Centre de lutte contre le terrorisme en Ethiopie.
Trois pays de la région du Sahel, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, sont cités avec le Nigeria (bassin du lac Tchad), la Somalie (Corne de l’Afrique) et la République démocratique du Congo (région des Grands Lacs) dans le classement des dix pays les plus affectés par le terrorisme dans le monde, renseigne le rapport du Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine dont AZNAPRESS a obtenu copie.
Cinq régions classées au rouge
La cartographie divise le continent en cinq régions classées au rouge : le Sahel et le bassin du lac Tchad, la Corne de l’Afrique, l’Afrique de l’est et les Grands Lacs, le Mozambique et le corridor Sud, puis la façade maritime.
Avec plus de 1.800 attaques et 9.000 morts, et environ 480 attaques et plus de 3.200 morts, la zone des trois frontières qui sépare le Burkina Faso, le Mali et le Niger est réputée l’une des zones à haut risque, de même que le bassin du lac Tchad (qui englobe le Cameroun, le Niger, le Nigeria et le Tchad) avec environ 480 attaques et plus de 3.200 morts.
« Ces dynamiques convergent vers les couloirs stratégiques et les zones frontalières, et s’étendent de plus en plus vers les régions littorales de l’Afrique de l’Ouest et de l’océan Indien continental », souligne le rapport de l’Union africaine, décrivant l’expansion d’une économie structurelle fondée sur la criminalité et le terrorisme.
Le Centre de lutte contre le terrorisme de l’Union africaine est notamment opérationnel depuis 2024, en remplacement du Centre africain d’étude et de recherche sur le terrorisme. Il réalise des bulletins sur le terrorisme et dispose d’un système de surveillance géospatiale qui fournit une cartographie et une analyse régulières des menaces sécuritaires qui pèsent les pays membres.
Idriss Mounir Lallali, le directeur de cet organisme, déplore cependant que les actions menées reçoivent une adhésion politique inégale et des réponses fragmentées de la part des Etats.
Lallali recommande de « neutraliser les principaux facteurs d’instabilité en créant un centre de l’Union africaine pour la communication stratégique et la lutte contre les cyberattaques, protéger les côtes et les couloirs commerciaux, concentrer les efforts dans les zones de convergence, combiner l’analyse et l’action décisive ». (FIN/2025)