Médicaments : vers l’émergence d’une industrie locale en Afrique avec le concours de l’Union africaine

ADDIS-ABEBA, 14 février (AZNAPRESS) — Une industrie locale de production des médicaments est sur le point d’émerger en Afrique avec le soutien de l’Union africaine (UA), continent où abondent des produits de contrefaçon dans le domaine représentant un danger pour les populations, a annoncé un haut responsable de l’organisation panafricaine dans une interview exclusive avec AZNAPRESS.

  Continent le plus pauvre du monde, l’Afrique importe l’essentiel des médicaments destinés à soigner ses populations. « Aujourd’hui, nous importons au moins 80 pour cent des médicaments que nous utilisons pour nos problèmes de santé et nous produisons moins d’un pour cent de nos vaccins », a relevé Michel Sididé, l’envoyé spécial de l’UA pour la création de l’Agence africaine du médicament.

  Instituée par une approbation des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation panafricaine, l’Agence africaine du médicament, connue sous l’acronyme AMA, est officiellement implantée depuis novembre 2021 à Kigali au Rwanda. Son directeur général, Delese Mimi Darko, de nationalité ghanéenne, n’a cependant été nommé qu’en juin 2025.

  « Il convient de noter que l’agence existe désormais. Elle est opérationnelle.  Nous avons obtenu toutes les ratifications. L’administration a été mise sur pied. Nous avons recruté le directeur général. C’est une agence qui ne sera pas bureaucratique ; elle ne va pas faire de la duplication. Elle sera plutôt orientée vers des actions concrètes pour sauver les populations », renseigne le Dr. Sidibé.

  Pour le rôle la nouvelle institution spécialisée de l’Union africaine, l’ex-directeur exécutif de l’ONUSIDA assure que celui-ci est chargé de « permettre que les médicaments qui viendront sur ce continent ne soient plus des médicaments falsifiés. Il s’agit aussi de faire en sorte qu’on puisse aider, à travers les choix stratégiques que le continent fera, les vaccins utiles soient produits localement ». 

  En effet, trois objectifs principaux sont assignés à l’Agence africaine du médicament : harmoniser la règlementation des produits médicaux, améliorer l’accès aux médicaments sûrs et de qualité et renforcer les capacités nationales des pays membres de l’UA pour réduire la dépendance aux importations qui comprennent en partie des produits de contrefaçon.

  « Sans les investisseurs africains, sans l’appropriation par l’Afrique, cet instrument ne marchera pas. L’agence a donc besoin de soutien », plaide Michel Sidibé. (FIN/2026)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *