ADDIS-ABEBA, 11 février (AZNAPRESS) — Le Gabon a été élu parmi dix nouveaux membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’Union africaine (UA) lors d’un vote organisé mercredi à Addis-Abeba en Ethiopie, signant un retour marquant au sein de l’organisation panafricaine qui tient son 39ème sommet des chefs d’Etat samedi et dimanche dans la capitale éthiopienne.
Composé de quinze membres sur les cinquante-cinq pays membres de l’UA, dont cinq élus pour un mandat de trois ans et les dix autres pour deux ans, le Conseil de paix et de sécurité, chargé de la promotion de paix et du règlement des crises en Afrique, revêt une dimension stratégique, quelque peu à l’image du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Le Gabon y est admis de même que la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Maroc, la Lybie, le Lesotho, l’Afrique du Sud, le Malawi, la Somalie et l’Ouganda, au terme d’un vote organisé mercredi lors d’une session du Conseil des ministres, qui regroupe principalement les ministres des Affaires étrangères de l’UA.
Ces dix nouveaux membres rejoignent le Cameroun, le Nigeria et l’Egypte qui avaient été élus en 2025 pour trois ans. La République démocratique du Congo (RDC) et la Sierra Leone conservent leurs sièges.
Pour le chercheur Paul-Simon Handy, directeur régional pour l’Afrique de l’Est et représentant de l’Institut d’études de sécurité de Pretoria auprès de l’Union africaine à Addis-Abeba, cette désignation du Gabon marque un retour marquant du membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) au sein de l’organisation continentale africaine.

« C’est le grand retour pour le Gabon qui a bénéficié de l’engouement autour de la manière dont la transition s’est passée. On ne peut jamais se réjouir d’un coup d’Etat, mais au Gabon on a l’impression que c’est un coup d’Etat qui a donné lieu à un nouveau départ que tout le monde [dans le pays] semblait appeler de ses vœux », a-t-il observé dans une interview avec AZNAPRESS.
Le Gabon avait été suspendu de l’Union africaine à la suite du coup d’Etat militaire perpétré contre le président Ali Bongo Ondimba le 30 août 2023 et suivi de la désignation du général Brice Clotaire Oligui Nguema, ancien chef de la garde présidentielle, comme chef de l’Etat par intérim.
Sa réintégration au sein de l’organisation panafricaine a été permise par l’élection de l’ex-chef putschiste à la présidence le 12 avril 2025, marquant la fin d’une transition d’une durée relativement courte d’un an et demi. (FIN/2026)