YAOUNDE, 29 mai (AZNAPRESS) — La Banque africaine de développement (BAD) a porté son choix sur le Mauritanien Sidi Ould Tah lors de l’élection tenue le jeudi 29 mai à Abidjan, en marge des Assemblées générales annuelles organisées depuis lundi jusqu’à vendredi, pour succéder au Nigérian Akinwumi Adesina qui a dirigé l’institution panafricaine pendant dix ans.
Cinq candidats au total étaient en lice. Sidi Ould Tah, 60 ans, a été élu au troisième tour avec 76,18% des voix, face au Zambien Samuel Munzele Maimbo (20,26%) et au Sénégalais Amadou Hott (3,55%).
L’ancien gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale (BEAC) Mahamat Abbas Tolli, de nationalité tchadienne, a été éliminé dès le premier tour après avoir récolté 0,88%% des suffrages. Il a été suivi au second tour de la Sud-africaine Bajabulile Swazi Tshabalala (5,9%).
Ce score réalisé par l’ancien ministre mauritanien de l’Economie et des Finances est inédit dans l’histoire de la BAD. En 2015, son prédécesseur Akinwumi Adesina, réélu pour un second mandat consécutif en 2020, n’avait pu récolter que 58,1% des voix après six tours de scrutin.
Ould Tah prendra ses fonctions le 1er septembre prochain à Abidjan, siège de l’institution multilatérale en Côte d’Ivoire, comme 9ème président depuis la création de la BAD en 1964 – soit la même année que sa naissance le 31 décembre à Maderdra en Mauritanie – pour un mandat de cinq ans.
« J’aimerais remercier l’Afrique pour la confiance qu’elle vient de m’accorder. Je vous remercie pour cet honneur dont je mesure la responsabilité et le devoir qui l’accompagne », a-t-il déclaré à la suite de sa victoire éclatante.
SUPPRESSION DE LA CONTRIBUTION AMERICAINE
Présidente du conseil des gouverneurs de la banque, la ministre ivoirienne de l’Economie et du Plan, Nialé Kaba, s’est réjouie de la désignation d’un homme d’expérience. « Ses différentes expériences lui ont permis de développer une expertise qui sera précieuse. Il représente un grand espoir pour l’Afrique. Compte tenu du contexte international complexe, nous avons plus que jamais besoin de mobiliser des financements. Nous sommes persuadés qu’il y parviendra », a-t-elle dit.
Ce propos sonne notamment comme une allusion à la décision annoncée par le président américain Donald Trump de supprimer la contribution américaine d’un montant de plus de 500 millions de dollars au Fonds africain de développement (FAD), le guichet concessionnel de la BAD destiné aux pays à faibles revenus du continent.
Depuis avril 2015 jusqu’au 10 mai dernier, Sidi Ould Tah occupait les fonctions de directeur général de la Banque arabe pour le développement économique en Afrique (BADEA), où son passage est qualifié d’élogieux, l’ayant transformée en une des grandes institutions multilatérales du monde.
UNE DES GRANDES BANQUES MULTILATERALES DU MONDE
Dotée aujourd’hui d’un capital de 318 milliards de dollars américains contre 93 milliards de dollars en 2015, avec un label AAA, synonyme d’accès aux marchés des capitaux à des conditions optimales, la BAD regroupe 81 pays membres dont 54 pays africains et le reste constitué de pays non-africains.
Reconnue elle aussi comme l’une des grandes banques multilatérales du monde, l’institution panafricaine tire ses ressources des souscripteurs des pays membres, des emprunts effectués sur les marchés internationaux ainsi que des remboursements et des revenus des prêts.
Au niveau continental, le Nigeria, l’Egypte, l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Maroc représentent les cinq grands contributeurs. Hors d’Afrique, ce sont les Etats-Unis et le Japon. (Fin)