BRUXELLES, 10 juin (AZNAPRESS) — La lutte antiterroriste contre Boko Haram entre dans une nouvelle phase, avec le réajustement validé par l’Union africaine (UA) mardi à Addis-Abeba en Ethiopie de la stratégie régionale pour la stabilisation, le relèvement et la résilience des zones affectées le conflit dû à la secte islamiste dans la région du lac Tchad, initiée en 2018.
Dix ans après la création lors d’un sommet extraordinaire tenu à Yaoundé en février 2015, de leur Force multinationale mixte (FMM), le Cameroun, le Nigeria et le Tchad affichent leur détermination à intensifier leurs efforts pour endiguer toute trace de l’influence de Boko Haram sur leurs territoires respectifs.
D’un effectif initial de 8.700 hommes, cette force approuvée par l’UA en janvier 2015 et à laquelle s’était jointe à l’origine le Bénin est placée sous l’égide de la Commission du Bassin du lac Tchad (CBLT), organisation commune qui regroupe les trois pays cités ainsi que le Niger, lequel a cependant décidé en mars dernier de se retirer des opérations militaires conjointes organisées de part et d’autre.
Tout en faisant état d’« avancées significatives » enregistrées dans le cadre de la réponse militaire marquées par la diminution de l’influence et des activités de Boko Haram dans le pourtour du lac Tchad, l’Union africaine s’inquiète toutefois que le groupe jihadiste « continue de représenter une menace majeure », à cause de « l’incapacité de la FMM à mener des opérations soutenues ».
BOKO HARAM A MONTRE SA RESILIENCE EN ADAPTANT SES TACTIQUES
« Boko Haram a montré sa résilience en adaptant ses tactiques et en se regroupant dans divers endroits. Son recours à des tactiques de guérilla, telles que les embuscades, les attentats-suicides et les attaques-éclair pose des défis que les opérations militaires conventionnelles ont du mal à relever », note l’organisation panafricaine.
De fait, résume l’UA, la région du lac Tchad « continue d’être l’une des zones de conflit et de crise les plus vulnérables au monde ».
Lors d’une réunion virtuelle tenue mardi depuis Addis-Abeba en Ethiopie avec la direction de la CBLT et les représentants du Cameroun, du Nigeria et du Tchad, les membres du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA ont souligné la nécessité d’apporter « un soutien soutenu et renforcé pour contrer efficacement l’évolution de cette menace ».
C’était une réunion de validation de la deuxième phase, après la première entamée en 2018, de la « stratégie régionale pour la stabilisation, le relèvement et la résilience des zones affectées par Boko Haram dans la région du bassin du lac Tchad », dont l’objectif est d’accélérer les efforts concourant à renforcer la sécurité, stabiliser les communautés et permettre un développement durable.
CREER DES CONDITIONS DE SECURITE FAVORABLES
Pour l’heure, la CBLT et la FMM se réjouissent d’avoir œuvré au cours des six dernières années à « réduire les incidents violents et à créer des conditions de sécurité favorables, permettant ainsi aux communautés de se reconstruire et de ses réinstaller ».
Plus exactement, la première phase de la stratégie « a facilité le retour de quelques 435.000 personnes déplacées à l’intérieur de leurs propres pays, alors que les conditions de sécurité s’amélioraient et que les infrastructures essentielles étaient rétablies », décrit le document de 80 pages dont AZNAPRESS a obtenu copie.
Des initiatives ont également été mises en place pour soutenir les économies locales, notamment par des programmes de formation agricole et professionnelle, renseigne-t-il en outre, précisant que ces programmes ont aidé à lutter contre le chômage des jeunes, facteur clé pour réduire l’attrait des recrutements extrémistes. (Fin/2025)